THEME 10072:   Le VATICAN


       Le plus petit Etat du monde, à Rome, au-delà   du Tibre; 44 ha; 726 citoyens ( auxquels   s'ajoutent des résidents ). Chef de l'Etat: le pape.
       Cet Etat comprend: la basilique Saint-Pierre,   le palais, les jardins, les musées pontificaux et la   place Saint-Pierre ( d'accès libre ) qui forment la   "cité" proprement dite, à laquelle s'ajoutent douze   édifices jouissant du privilège de l'exterritorialité (   basilique St-Jean-de-Latran, Ste Marie-Majeure,   St-Paul-hors-des-murs, résidence d'été du Castel   Gandolfo à 27 km de Rome, etc...), dont neuf   sont exempts d'expropriation et d'impôts.
       Les immeubles et cours qui constituent les   palais de la cité englobent les appartements du   pape, la secrétairerie d'Etat, la chapelle Sixtine, la Bibliothèque vaticane (environ 950000 imprimés, 600000 manuscrits et 7000 incunables ), les archives secrètes, les musées (pinacothèque; musée Pio Clementino; musée Chiaramonti; musée Grégorien; musée Egyptien, etc... ), les appartements Borgia, les loges de Raphaël et divers bâtiments réservés à l'imprimerie, à la garde suisse, etc...
HISTOIRE:
     L’Etat du Vatican est l'héritier des Etats pontificaux, dits aussi Etats de la papauté ou de l'Eglise, territoires administrés directement par les papes jusqu'en 1870. Si l'origine officielle de ces possessions repose sur un faux, la "Donation de Constantin" au pape Sylvestre Ier (début IV°s.), elle a pour base réelle les dons faits aux papes par les empereurs du Bas - Empire et certains particuliers, qui constituèrent autour de Rome le "patrimoine de Saint-Pierre". Les Lombards (qui envahirent l'Italie à partir de 568) organisèrent le Latium en un duché (à l'image des autres régions d’Italie) et une hiérarchie militaire remplaça les institutions romaines, malgré l'opposition des papes. Ceux-ci cherchèrent rapidement des appuis pour établir leur contrôle exclusif sur les régions de Rome et de Ravenne:
     Pépin le Bref consacra la formation des Etats pontificaux en assurant le pouvoir temporel des papes sur Rome et contraignit les Lombards à leur abandonner l'exarchat de Ravenne (754-756.
Grâce à divers dons, ces Etats trouvèrent rapidement leur extension définitive, coupant en biais la péninsule depuis le cours inférieur du Pô (Romagne) et la côte Adriatique (Marches) jusqu'au Latium. Dès lors, les périodes d'indépendance, durant lesquelles le pouvoir papal fut l'objet de luttes et des intrigues de l'aristocratie romaine, alternèrent avec des périodes de mise en tutelle par des souverains étrangers. L'intervention d'Otton Ier en 962 posa le problème des rapports du pape avec le Saint Empire, jusqu'au concordat de Worms en 1122 (Investitures). Mais le conflit entre le pape et l'empereur divisa longtemps les cités italiennes entre guelfes et gibelins.
     Durant tout le séjour des papes à Avignon (XIV°s.), les Etats pontificaux retournèrent à l'anarchie, l'aristocratie se taillant ici et là des domaines féodaux.
     La Renaissance fut une période de développement économique (mines d'alun de Tolfa), artistique et politique (reconquêtes des Marches et de la Romagne, avec l'appui du roi de France).
     Au contraire, l'immobilisme des XVII° & XVIII° s. figea la région dans un archaïsme de plus en plus accentué face aux autres Etats italiens, ce qui explique la vigueur du mouvement libéral et patriotique, né lors des brèves périodes d'occupation française (1798-1799; 1809-1814)
     A partir de 1846, Pie IX tenta de canaliser ce courant, dans le dessein de devenir l'arbitre et le guide d'une Italie libérée de la tutelle étrangère mais non unifiée. Effrayé par l’ampleur des révolutions de 1848, il renonça vite à ces projets et quitta Rome, où Mazzini créa l'éphémère République romaine.      Dès juin 1849, l'autorité du pape fut rétablie sur l'ensemble de ses territoires par les troupes françaises, qui constituèrent le dernier rempart de la puissance temporelle des papes jusqu'en 1870.
     En mars 1860, la Romagne révoltée rejoignit le royaume du Piémont, suivie, en septembre, par les Marches et l'Ombrie.
     Par la convention de 1864, que la France imposa, l'Italie choisit Florence comme capitale et s'engagea à respecter l'indépendance du territoire pontifical, réduit au Latium.
     L'assaut de Garibaldi fut repoussé à Mentana (1867), mais le départ des troupes françaises lors de la guerre de 1870 laissa Rome ouverte aux armées de Victor-Emmanuel II. Le 2 septembre, après plébiscite, le Latium fut rattaché à l'Italie, dont Rome devint la capitale.
     Le pouvoir temporel des papes disparut jusqu'à la création de l'Etat du Vatican par les accords du Latran en février 1929.  - Le Dictionnaire -