THEME 10012 :  PERSECUTIONS DUES A LA PAPAUTE


SAINT-BARTHELEMY:
Massacre de protestants perpétré à Paris dans la nuit de la Saint-Barthélemy (24 août 1572) sur l'ordre de Charles IX. Catherine de Médicis, effrayée de l'ascendant pris par Coligny sur le roi, avait réussi à persuader son fils de l'existence d'un complot huguenot et de l'urgente nécessité de l'étouffer.  Les Guises et leurs partisans exécutèrent la décision royale. La quasi totalité des chefs protestants (dont Coligny) et plus de 3000 de leurs coreligionnaires furent tués à Paris. En province, le roi donna l'ordre de cesser les massacres le 28 août; mais ils se poursuivirent néanmoins durant plusieurs mois. Loin d'anéantir le parti protestant, cette tuerie provoqua une reprise de la guerre civile.

DRAGONNADES:
Persécution exercée sous Louis XIV contre les protestants du S-O et du Sud de la France. On les obligeait à loger des dragons qui avaient pour mission de se livrer à toutes sortes d'excès.

INQUISITION:
L'institution de l'inquisition trouve son origine dans un décret du concile de Vérone (1184) relatif aux hérétiques de Lombardie. Les premiers inquisiteurs connus, deux moines de l'ordre de Citeaux, apparaissent en 1198 désignés par Innocent III lors de l'hérésie cathare. D'abord présentée comme un organisme judiciaire temporaire, l'Inquisition a été transformée en établissement régulier et permanent par les conciles de Latran (1215) et de Toulouse (1229). Ce nouveau tribunal spécial, itinérant ou fixe, fut organisé par Grégoire IX qui en confia la direction exclusive aux Dominicains (1231). La procédure était secrète. Toute personne pouvait être poursuivie sur simple dénonciation, l'essentiel pour les juges étant d'obtenir l'aveu des inculpés, ce qui, à partir de 1252, amena à utiliser la torture. Par son action brutale (supplice du feu et confiscation des biens attendent ceux qui n'acceptaient pas d'abjurer), l'Inquisition réussit à abattre l'hérésie cathare à la fin du XIII° s. Elle fut aussi utilisée pour combattre d'autres formes d'hérésie, pour réprimer la sorcellerie, pour persécuter les non-chrétiens ou jugés tels. Au XV° s. les progrès de la centralisation royale firent peu à peu tomber en désuétude les tribunaux d'Inquisition en France. Leur importance déclina aussi dans le reste de l'Europe, sauf en Espagne, où l'Inquisition resta vigoureuse jusqu'au XVIII° s. exerçant un rôle politique et religieux considérable; expulsion des Maures, des Juifs et des Marranes (Juifs convertis dont la foi était suspecte).

ALBIGEOIS:
Albigeois ou Cathares: Les purs.
Ainsi nommés à cause de leur implantation dans le Languedoc (Albi). Mouvement chrétien hétérodoxe professant , dès le XII°s.un dualisme mitigé. apparenté au manichéisme. En lutte contre le catholicisme officiel et la domination des rois de France, ils furent durement réprimés. (bûcher de Montségur, 1224).

GUERRES DE RELIGIONS:
Ensemble des troubles et guerres civiles provoquées en France à partir de 1562 par la Réforme et qui prennent fin en 1598 avec l'édit de Nantes. L'idée de tolérance était inexistante dans le monde occidental jusqu'au XVIII°s. L'unité de la foi (le catholicisme) était considérée comme une garantie de l'unité du royaume, ce qui explique les problèmes graves que posa l'apparition de la Réforme au XVI°s. Déclenchées par le massacre des protestants à Wassy (1er mars 1562), ces guerres eurent pour principaux épisodes; l'édit de pacification d'Amboise (1563), le massacre de la Saint-Barthélemy (24 août 1572), la paix de Monsieur (1576), l'assassinat du duc de Guise (1588) que suivit celui d'Henri III (1589). Le nouveau roi de France, Henri IV, qui avait abjuré le protestantisme , renouvela solennellement son abjuration en 1593. Il reconquit le royaume et mit fin à la guerre en accordant à ses anciens coreligionnaires l'édit de Nantes (1598).

EDIT DE NANTES:
Edit rendu par Henri IV le 13 Avril 1598 pour donner un statut légal à l'Eglise réformée en France. La pratique du culte était autorisée là où elle existait en 1596 ainsi que dans deux localités par bailliages mais elle était interdite à Paris et dans les résidences royales. Les protestants recouvraient leurs droits civiques et pouvaient accéder ainsi à tous les emplois, la création de chambres mi-parties leur assurant la garantie judiciaire. Enfin, garantie militaire, une centaine de places de sûreté étaient accordées pour huit ans. Ces mesures faisaient des protestants un " Etat dans l'Etat ". Elles provoquèrent de fortes oppositions. Les privilèges militaires furent abolis en 1629 par le cardinal de Richelieu (paix d'Alès). Louis XIV restreignit progressivement les droits accordés, usant à partir de 1681 de la violence (dragonnades) pour contraindre les protestants à passer au catholicisme. Le 18 octobre 1685, sous la pression de Madame de Maintenon et persuadé que le protestantisme n'était plus vivace en France, il signa l'édit de Fontainebleau (révocation de l'édit de Nantes) qui eut de graves conséquences sociales, économiques et politiques: 200 000 à 300 000 sujets émigrèrent en Allemagne, en Hollande et en Suisse où ils contribuèrent à susciter une forte hostilité à la monarchie française. Dans les Cévennes, les protestants se révoltèrent en 1704.

CAMISARDS:
Protestants des Cévennes, révoltés contre Louis XIV à la suite de la révocation de l'Edit de Nantes, pendant la guerre de Succession d'Espagne (1702-1705).- Du patois languedocien camiso "chemise", parce qu'ils portaient, la nuit, une chemise blanche pour se reconnaître.