THEME 10011:  ROME: L'EMPIRE ROMAIN: Un peu d'histoire.


      Cité état, sur le site de la Rome actuelle, puis capitale du plus vaste Etat qu'ait connu l'Antiquité européenne. Son histoire débute avec la formation au VIII° s. av.J.C de la ville de Rome.
      Au premier roi légendaire de la cité, Romulus, la tradition fait succéder le Sabin Numa Pompilius, le romain Tullus Hostilius, vainqueur d'Albe (combat des Horaces et des Curiaces), le Sabin Ancus Martius, créateur du port d'Ostie, puis les rois étrusques Tarquin l'Ancien, Servius Tullius et Tarquin le Superbe.
     Le renversement de ce dernier par les nobles romains (v.509 av.J.C) marque la fin de la royauté et voit l'instauration de la république. Les attributions du roi passent à deux consuls, élus pour un an qui peuvent, sur l'invitation du Sénat, désigner un dictateur aux pouvoirs quasi illimités mais temporaires (six mois). A ce changement de régime correspond le début de longues luttes entre les Patriciens, chefs des plus anciennes gentes (la gente groupait tous ceux qui avaient un ancêtre commun, ainsi que leurs clients ou serviteurs), et les Plébéiens (étrangers descendants de peuples vaincus par Rome ou anciens  clients), bientôt privés de droits politiques et religieux.
     La sécession de la plèbe sur le mont Aventin (494 av.J.C) est un épisode célèbre de ces luttes, qui s'achèvent vers 300 av.J.C, lorsque les plébéiens sont admis à la totalité des magistratures et obtiennent l'égalité devant la loi. L'unanimité sociale que Rome réalise ainsi sur le plan intérieur, beaucoup plus apparente que réelle, a pour cause profonde la situation extérieure. En effet, jusqu'en 202 av.J.C (fin de la deuxième guerre punique), les guerres se sont succédées: guerres contre les Etrusques (prise de Véles, 395 av.J.C) les Latins (soumis en 335 av.J.C), les Volsques, les Eques, et surtout contre les Samnites (343-290 av.J.C). A l'issue de la troisième guerre Samnite, Rome est presque maîtresse de toute l'Italie. Elle s'ouvre plus largement sur la Méditerranée après la prise de Tarente (272 av.J.C) et, poursuivant sa politique d'expansion, entre en conflit avec Carthage (guerres puniques 264-146 av.J.C).
     La défaite des Carthaginois (146) permet la création de la province romaine d'Afrique. La même année, Corinthe est rasée et la Macédoine conquise (une des Diadoques). Dès lors, assurée du contrôle des deux rives de la Méditerranée, Rome étend ses conquêtes à la péninsule Ibérique (prise de Numance par Scipion Emilien en 133 av.J.C) et la Gaule méridionale.
     Ces conquêtes posent tant de problèmes d'adaptation qu'elles rendent indispensable une remise en ordre intérieure; mais la tentative de réforme agraire des frères Cracchus échoue et la noblesse conserve ses prérogatives face à une plèbe dont la misère et le nombre s'accroissent chaque jour. Bientôt la guerre de Numidie met au premier plan Marius qui capture le roi Jugurtha en 105 av.J.C. Une crise sociale très grave commence, avec la rivalité de Marius, porté au pouvoir par les populaires, et Sulla (ou Sylla), le représentant de l'aristocratie. Sulla l'emporte en 82 av.J.C, se fait attribuer une dictature sans limitation de durée, puis abdique brusquement (79 av.J.C).
     Rome voit ensuite la montée au pouvoir de Pompée qui, renonçant à un coup d'état, forme avec César et Crassus ( vainqueur de la révolte des esclaves menée par Spartacus) le premier triumvirat (60 av.J.C). La lutte pour le pouvoir, qui oppose Pompée, soutenu par le Sénat, et César, le conquérant des Gaules, vainqueur de Vercingétorix (52 av.J.C, déclenche une guerre civile à l'issue de laquelle César élimine Pompée qu'il écrase définitivement à Pharsale (48 av.J.C). La dictature de César est un nouveau pas vers l'institution d'un pouvoir personnel. Son assassinat (mars 44 av.J.C) montre que les sénateurs ne sont pas prêts à abdiquer leurs droits. La guerre civile entre Antoine, lieutenant de César, et Octave, son héritier, voit la victoire d'Octave qui, en 27av.J.C se fait décerner par le Sénat le titre sacro-saint d'auguste (vénérable). Octave partage officiellement le pouvoir avec le Sénat et la république n'est pas abolie (elle ne le sera jamais) mais l'empire est né.
    Le nouveau régime met en place de nouvelles structures économiques, politiques, religieuses pour administrer un empire qui s'étend de la Manche à la mer Rouge, du Danube au Sahara. Auguste, sans établir une règle de succession, prend soin d'adopter son beau-fils Tibère. Celui-ci lui succède (14-37), second souverain de la dynastie dite julio-claudienne qui amène successivement au pouvoir Caligula (37-41), Claude (41-54), Néron (54-68), Galba(68-69), Othon (69), et Vitellus (69). Leur règne est suivi par celui des Flaviens: Vespasien (69-79), Titus (79-81), Domitien (81-96). Viennent ensuite les Antonins: Nerva (96-98), Trajan (98-117), Hadrien (117-138, Antonin le Pieux (138-161), Marc Auréle (161-180), associé à Vérus de 161 à 169, Commode (180-192). A la mort de Commode, les généraux des diverses provinces se disputent l'Empire, contraint à la défensive par son étendue même: c'est le Bas-Empire. Septime Sévère (193-211) l'emporte et crée la dynastie des Sévères: Caracalla (211-217),Elagabal (218-222) et Sévère Alexandre (222-235) lui succéderont. Survient un temps d'anarchie militaire (235-268): on se défend localement contre les Barbares, contre les paysans révoltés; la plupart des grandes propriétés se replient sur elles-mêmes. Les empereurs illyriens (268-284) parviennent à sauver l'unité de l'Empire et le IV° s. constitue un sursis pour le monde romain, qui dès 286, avait éclaté économiquement, politiquement et culturellement.
     A cette date, en effet, Dioclétien instaure le régime de la tétrarchie qui scinde l'Empire en deux parties, puis en quatre. Peu à peu le christianisme prend une place prépondérante, notamment sous Constantin Ier, fondateur de Constantinople (330). Malgré une amorce de retour au paganisme sous Julien l'Apostat (361-363), le christianisme s'affirme définitivement avec Théodose Ier (379-395). A sa mort, l'Empire, débordé par les Barbares, se disloque officiellement, partagé entre ses deux fils, Arcadius, empereur d'Orient et Honorius, empereur d'Occident.
     En 410, Rome tombe aux mains des Wisigoths d'Alaric. En 476, Odoacre détrône Romulus Augustule, le dernier empereur  romain d'Occident: Rome n'est plus dans Rome.
     Seul l'Empire romain d'Orient subsistera jusqu'en 1453, date de la prise de Constantinople par les
Turcs.
ROME: LA PAPAUTE.
       En officialisant le christianisme et en fondant   Constantinople (324) dont il fit sa capitale,   Constantin hâta la décadence de Rome, déjà   menacée par les Barbares. Malgré ses remparts,   celle-ci fut prise par Alaric (410), dévastée par   Geiséric (455), puis par Ricimer (472), pour   tomber aux mains des Ostrogoths (476) avant   d'être reprise par Byzance. Dépeuplée de ses   habitants, l'opulente cité antique déclina peu à   peu. Dépendant alors de l'exarchat byzantin de   Ravenne, la ville fut en réalité reprise en main par   le pape Grégoire Ier et ses successeurs: en 756,   Pépin le Bref donna à Etienne II l'exarchat de   Ravenne et la région autour de Rome, qui fut à   l'origine des Etats pontificaux ( dits aussi: Etats de la Papauté ou de l'Eglise).
     A partir du XI°s. l'autorité sur Rome fut revendiquée par les empereurs germaniques, début d'une longue querelle qui opposa les papes aux empereurs (prise de Rome par Henri IV.1083) et divisa la plupart des cités italiennes en guelfes(partisans du pape) et gibelins(de l'empereur). L'affaiblissement de la papauté se traduisit par une longue période de troubles, que marquèrent notamment les prétentions des grandes familles (Colonna, Orsini) au gouvernement de la ville et des tentatives républicaines (Arnaud di Brescia 1143-1155; Cola di Rienzo 1347-1354), et surtout par l'exil des papes à Avignon (1309-1376).
     A la fin du Grand Schisme, l'installation définitive de la papauté au Vatican (1447) favorisa l'enrichissement de la ville et l'extension du domaine pontifical (Marches, Ombrie). Sous l'impulsion des papes de la Renaissance (Alexandre VI, Jules II), l'art fut particulièrement favorisé. Après le sac des Impériaux (1527), Rome, siège d'un pouvoir pontifical absolutiste, fut le centre de la réforme catholique.      En 1798, elle s'érigea en " république sœur " de la France et Napoléon Ier la déclara ville libre et impériale (1809). Le congrès de Vienne (1814) y restaura la papauté, mais à l'appel des forces du Risorgimento, les Etats pontificaux s'émancipèrent de la tutelle de Rome, où Mazzini instaura une éphémère république (1849).
     A partir de 1861, la question romaine oppose le roi d'Italie, Victor-Emmanuel II à Pie IX qui n'entendait pas renoncer à son pouvoir temporel sur la ville. Cette question resta en suspens jusqu'en 1870, date à laquelle le roi pénétra de force dans Rome, obligeant le pape à se réfugier dans la cité du Vatican. En 1929, les accords de Latran, entre le gouvernement Italien et le pape, mirent un terme à la querelle. (Le Dictionnaire)
PAPE: Chef suprême de l'Eglise catholique romaine, élu en conclave.

PAPAUTE: La papauté représente le gouvernement suprême de l'Eglise catholique, dont le siège est à Rome. Le concile Vatican I (1869-1870) a précisé la place de cette institution dans l'Eglise ainsi que son origine: Saint Pierre a institué la papauté; le pape, évêque de Rome, a hérité de l'autorité suprême accordée par le Christ au prince des apôtres (Pierre). La célèbre formule "Tu es pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise" justifie le rôle de la papauté.

LES CROISADES:
     Noms donnés aux expéditions parties d'Occident aux XII° et XIII°s. pour délivrer les lieux saints de Palestine de la domination musulmane, puis pour assurer leur défense. On compte huit croisades principales, mais ce chiffre ne rend pas compte de la complexité du mouvement, car le va-et-vient des croisés fut continu entre l'Occident et l'Orient.
La première croisade (1096-1099), décidée par le pape Urbain II pendant le concile de Clermont (1095) comporta une croisade populaire (prêchée par Pierre l'Ermite, mais mal organisée et rapidement massacrée par les Turcs en Anatolie) et la croisade des barons, commandée par Godefroy de Bouillon; celle-ci aboutit à la prise de Jérusalem (1099), puis à la création du royaume de Jérusalem, dont Baudouin, frère de Godefroy de Bouillon fut le premier souverain (1100).
La deuxième croisade (1147-1149), prêchée par saint Bernard de Clairvaux à Vézelay et commandée par le roi de France Louis VII le jeune et l'empereur Conrad III, échoua devant Damas.
La troisième croisade (1189-1192) prêchée par Guillaume, archevêque de Tyr, fut commandée par le roi de France Philippe Auguste et le roi d'Angleterre Richard Cœur de Lion, d'une part; les croisés ne parvinrent pas à reprendre Jérusalem que Saladin avait enlevée en 1187.
La quatrième croisade (1202-1204)organisée par le pape Innocent III,prêchée par son légat Pierre Capuano, commandée par Baudouin IX, comte de Flandre et Boniface de Montferrat fut détournée de son but (l'Egypte) par les Vénitiens qui l'amenèrent à se tourner contre Byzance; cela aboutit au pillage de Constantinople (1204) ainsi qu'à la constitution des Etats latins de Grèce: Empire latin, principauté de Morée, empire maritime de Venise.
La cinquième croisade (1217-1221), décidée par Innocent III, commandée par Jean de Brienne, roi nominal de Jérusalem, et André II de Hongrie, et dirigée conte l'Egypte, remporta quelques succès (prise de Damiette en 1219), puis échoua.
La sixième croisade (1228-1229) fut commandée après de multiples tergiversations par l'empereur Frédéric II, alors excommunié, qui par un traité avec le sultan d'Egypte Al Kamil, obtint la cession de Jérusalem.
La septième croisade (1248-1254), commandée par Saint Louis, dirigée contre l'Egypte dont le sultan était
redevenu maître de Jérusalem (1244), se solda par un échec: défaite de Mansourah et capture du roi (1250).
La huitième croisade (1270) fut également commandée par Saint Louis qui mourut de la peste devant Tunis.
     Les croisades, étendues sur deux siècles, n'eurent pas toujours les mêmes caractères. La foi cessa d'être la grande inspiratrice, surtout après la troisième croisade, et leur utilisation au profit des intérêts temporels de la papauté finit par leur ôter leur caractère de guerres "justes" contre l'infidèle et de pèlerinage aux lieux saints.