Ce chapitre commence par l’expression : « Et le troisième jour ».
Si nous retournons en arrière, nous voyons que le deuxième jour est celui où Philippe a été trouvé, et le premier
celui où André et son compagnon ont découvert leur Centre en Jésus. Ces jours peuvent être considérés comme des types.
Le premier est celui où l’église est rassemblée autour de Christ.
Le second est celui où il est reconnu comme Fils de Dieu et Roi d’Israël par le résidu fidèle d’Israël.
Le troisième est celui de la félicité et de la joie millénaires, fruits du règne du Fils de l’Homme sur toutes choses.
Lors des noces de Cana, aucune gloire extérieure ne signale la présence de Jésus. Ses disciples sont là ainsi que sa mère.
Il montre bientôt, par la réponse faite à sa mère, que ce n’est pas elle qui prend les initiatives, mais lui.
Il fait voir aussi que son heure n’est pas encore venue : ni l’heure de ses souffrances, ni l’heure de sa gloire
quand « toutes choses » seront à sa disposition. Toutefois, très vite il manifeste sa gloire en montrant que c’est lui qui dispose de l’eau,
et qu’il peut en faire ce qui lui plaît. Il change l’eau de purification en vin de joie. C’est là le commencement de ses miracles ou signes,
et ce signe annonce le résultat final de son œuvre. Il ne peut y avoir de joie durable que sur la base d’une purification qu’il introduit lui-même.
La joie qui jaillira enfin au jour des noces d’Israël purifié sera au-dessus de toutes les autres. Le « bon vin » est gardé jusqu’à ce jour.
Ce signe qui manifeste sa gloire fortifie la foi de ses disciples et peut fortifier la nôtre.
Jean nous invite à comprendre ce récit comme la réalisation de l'Alliance entre Dieu et son peuple par le Christ, .
Dans un autre livre, l'Apocalypse, Jean évoquera les noces de l'agneau (Apocalypse 19, 7)
Avant la fête de la Pâque, (ch.13) Jésus sachant que son heure était venue,
l'heure de passer de ce monde au Père, lui, qui avait aimé les siens qui sont dans le monde,
les aima jusqu'à l'extrême. "Voici que l'heure vient, et maintenant elle est là, où vous serez dispersés,
chacun allant de son côté, et vous me laisserez seul: mais je ne suis pas seul, le Père est avec moi";
après avoir ainsi parlé, Jésus leva les yeux au ciel et dit: "Père, l'heure est venue, glorifie ton Fils, afin que ton Fils te glorifie".
Toutefois, lorsque le vin vient à manquer, il n’intervient pas à l’instigation de sa mère. Il dit : « Qu’y a-t-il entre moi et toi, femme ?
Mon heure n’est pas encore venue ». Par sa mère, le Seigneur avait des liens avec Israël et la loi.
En refusant d’agir en liaison avec sa mère, il montre que tout ce qu’il faisait, comme cela est présenté dans cet évangile,
découlait de sa relation comme Fils du Père, et non pas de liens naturels avec sa mère, ou légaux avec Israël. Dans cet évangile,
le Seigneur est toujours vu en dehors de toutes relations terrestres, comme un homme céleste introduisant des « choses célestes »
(Jean 3:12). Il manifestait ainsi sa gloire comme étant en relation avec le Père, comme accomplissant sa volonté et assurant finalement la joie de l’homme.
À la noce, le Seigneur ne connaît pas sa mère : la relation dans laquelle il se trouvait avec elle, était l’expression de sa relation naturelle avec Israël.
Celui-ci était sa mère, en envisageant le Sauveur comme né sous la loi ; et il s’en sépare pour accomplir la bénédiction.
Il n’accomplit, par conséquent, cette bénédiction pour le moment, qu’en témoignage en Galilée pour le résidu.
Ce sera quand Il reviendra, que le bon vin sera pour Israël la vraie bénédiction et la joie «à la fin» de toutes les voies de Dieu à son égard.
Cependant, le Seigneur demeure encore avec sa mère que, quant à son oeuvre, il ne reconnaît pas : et c’est bien ce qui est arrivé dans ses rapports avec Israël.
le vin de la joie des noces remplacera l’eau de purification, et Christ purifiera par le jugement la maison de son Père.
Mais ce sera un Christ ressuscité qui accomplira ces choses. C’est la résurrection qui nous est présentée
L'eau des purification est à mettre en vis-à-vis du vin des noces, La purification que ne peut obtenir l'eau des cruches,
le Christ l'apportera dans le don du vin des noces:
l'eau des purifications impossibles est changée en vin extra des noces de l'alliance nouvelle.
Il y avait là six jarres pour la purification...
"il leur manquait un quelque chose, à ces jarres, pour qu'elles puissent apporter la purification totale,
celle qui fait entrer dans l'alliance parfaite avec Dieu!"
Ce ne sont pas elles qui peuvent apporter la purification attendue.
Mais il est là, celui qui va sceller l'alliance nouvelle dans le vin nouveau, du meilleur cru qui puisse exister..
Toutefois c'est l'eau destinée à la purification qui produit ce vin de la joie. Il en sera ainsi d'Israël au temps de son rétablissement,
et il en est ainsi pour nous aussi: nous ne goûtons les joies spirituelles que dans la mesure où nous pratiquons d'abord le jugement de nous-mêmes.
La manière de l'homme est de servir «le bon vin le premier» (v. 10). Il se hâte dès sa jeunesse de profiter de tout ce que peut offrir la vie.
Car avec l'âge, peu à peu, viendront les soucis, les chagrins, le déclin, la mort. Le meilleur vin a été tiré le premier.
Jésus agit autrement. Il a réservé aux siens des joies éternelles sans comparaison possible avec les vains bonheurs d'ici-bas. N'en désirons pas d'autres!
«Et le troisième jour, il y eut une noce à Cana de Galilée, et la mère de Jésus était là. Et Jésus fut aussi convié à la noce, ainsi que ses disciples.
Et le vin étant venu à manquer, la mère de Jésus lui dit : Ils n’ont pas de vin. Jésus lui dit : Qu’y a-t-il entre moi et toi, femme ?
Mon heure n’est pas encore venue. Sa mère dit aux serviteurs : Faites tout ce qu’il vous dira» (v. 1-5).
Ce récit nous montre comment le Saint Esprit se sert d’un fait historique pour donner la pensée de Dieu.
Lorsqu’on parle d’une noce, on s’attend à la description des époux, du menu du repas et de la gaieté qui régnait dans la fète. Ici, rien de pareil.
Deux faits capitaux caractérisent ce récit : le vin vient à manquer, et le Seigneur en donne du meilleur.
L’enseignement divin n’est pas difficile à trouver, si l’on se rappelle que, dans la Parole,
le vin est l’emblème de ce qui donne la joie, soit pour Dieu, soit pour les hommes (voir Juges 9:13).
Le Seigneur et ses disciples sont conviés à cette noce. Sa mère était aussi là, symbolisant Israël dont le Christ est issu (Romains 9:5).
L’ensemble de ces personnes représente ceux qui, au milieu des Juifs, ayant reçu le Seigneur comme Messie, s’attendaient à le voir établir son règne.
Dans l’état où se trouvait le peuple, le vin manquait ; il n’y avait pas de joie en Israël.
Pour que la joie se produise, il faut que tout soit en rapport avec la pensée de Dieu, afin qu’il soit libre de faire jouir de sa présence et de ses bienfaits.
La joie régna jadis en Israël, lors de certaines délivrances et manifestations de la grâce de Dieu, tout particulièrement sous le beau règne de Salomon ;
mais tout se gâta bientôt à cause de l’infidélité du peuple, et la joie disparut —
le vin vint à manquer. Elle ne pouvait subsister ni pour Dieu ni pour les hommes alors qu’elle dépendait de l’obéissance du premier homme.
Pour qu’Israël jouît d’une pleine bénédiction, il fallait que vînt le Messie promis.
Précisément il était là, et ceux qui l’entouraient, ceux qui l’avaient reçu, pensaient qu’il allait donner la bénédiction
et la joie qui faisaient absolument défaut chez le peuple. Aussi la mère de Jésus lui dit : «Ils n’ont pas de vin».
Au lieu de se mettre à l’œuvre pour en donner, Jésus lui répond : «Qu’y a-t-il entre moi et toi, femme ?
Mon heure n’est pas encore venue». Pour que les bénédictions apportées par le Christ pussent s’accomplir à l’égard de son peuple terrestre,
ce qui aura lieu dans son règne millénaire, il fallait sa mort. C’est ce que Jésus dit à sa mère. Son «heure n’était pas encore venue».
L’expression : «Mon heure», que l’on rencontre souvent dans cet évangile, désigne sa mort (voir chap. 7:30 ; 8:20 ; 12:23, 27 ; 13:1).
C’est comme si Jésus disait à sa mère : «Pourquoi me demandes-tu de donner la joie au peuple tant que je n’ai pas accompli l’œuvre
en vertu de laquelle je pourrai le faire». Dans l’état de péché où se trouvait le peuple, ce n’était pas possible.
Il fallait la mort de Christ pour mettre fin à l’homme en Adam et régler la question du péché selon les exigences de la justice de Dieu,
afin que Dieu pût accomplir ses pensées sur le pied de la grâce, soit envers les Juifs, soit envers tous les hommes.
La mère de Jésus, confiante en lui, dit aux serviteurs : «Faites tout ce qu’il vous dira».
Faire ce que dit le Seigneur est le seul principe de bénédiction dans toutes les circonstances,
lors même que, comme sa mère, on ne comprendrait pas la portée de ses paroles.
«Or il y avait là six vaisseaux de pierre, pour tenir de l’eau, placés là selon l’usage de la purification des Juifs,
pouvant recevoir chacun deux ou trois mesures. Jésus leur dit : Emplissez d’eau les vaisseaux.
Et ils les emplirent jusqu’au haut. Et il leur dit : Puisez maintenant, et portez-en au maître d’hôtel» (v. 6-8).
Pour jouir des bénédictions promises, la mort de Christ ne suffit pas.
Une œuvre profonde de repentance et de purification s’accomplira chez le peuple grâce à un travail de conscience,
produit par les circonstances terribles qu’il traversera aux derniers jours.
Alors ils regarderont vers celui qu’ils ont percé, «ils se lamenteront comme on se lamente sur un fils unique,
(Lire Zacharie 12:10-14). Ils devront juger toute leur idolâtrie passée, aussi bien que le rejet de leur Messie.
Après cela se réalisera ce que dit Sophonie (chap. 3:14-17), ainsi que nombre d’autres prophéties.
«Exulte, fille de Sion, pousse des cris, Israël ! Réjouis-toi et égaie-toi de tout ton cœur, fille de Jérusalem !...
L’Éternel ton Dieu, au milieu de toi, est puissant ; il sauvera ; il se réjouira avec joie à ton sujet :
il se reposera dans son amour, il s’égaiera en toi avec chant de triomphe».
Sans un profond travail de repentance, ce que les prophètes avaient annoncé, ce que désiraient aussi la mère de Jésus et ses disciples,
ne pouvait avoir lieu. Et ce travail était bien loin de s’accomplir chez les Juifs orgueilleux, remplis de propre justice et de haine pour le Seigneur.
Semblables aux vases de pierre dans leur endurcissement, ils étaient vides de cette eau morale de la purification et de repentance.
Il fallait que, par l’affliction et la souffrance, ils en fussent remplis jusqu’au haut. Alors leur détresse se changera en joie par la venue du Seigneur.
L’eau deviendra du vin, un vin bien meilleur que le premier.
Le maître d’hôtel s’étonne de ce que ce bon vin n’a pas été servi le premier.
Comme beaucoup, il ne comprenait pas que, dans ses voies parfaitement sages,
Dieu commence par laisser l’homme à sa propre responsabilité, pour qu’il fasse l’expérience de son incapacité à produire
quoi que ce soit qui attire sur lui la bénédiction de Dieu ; cette expérience faite, Dieu entre en scène, et sur le pied de la grâce,
en vertu de la mort de Christ, il donne ce qui est meilleur et qui demeure éternellement.
L’homme agit autrement ; il sert le bon vin le premier. Il cherche à jouir d’abord de tout ce que lui offre la nature ou le monde :
jeunesse, santé, famille ; mais rien ne se maintient dans cette création où le péché a tout gâté. Le moindre vient ensuite,
et finalement la mort. Il n’y a que ce qui est de Dieu, une nouvelle création, qui puisse se maintenir dans son éternelle fraîcheur.
Grâces à Dieu, de ce qu’il ait gardé le bon vin pour le dernier, joie offerte à chacun par l’évangile en attendant qu’Israël en jouisse dans le règne de Christ.
«Jésus fit ce commencement de ses miracles à Cana de Galilée, et il manifesta sa gloire ; et ses disciples crurent en lui» (v. 11).
La gloire du Seigneur consiste en ce qu’il est, ici, l’auteur de la bénédiction et de la joie millénaires.
Quand ils le virent, ses disciples crurent en lui, comme le résidu juif, lorsqu’il verra le Seigneur.
Ce troisième jour nous présente donc l’introduction de la joie qui sera la part du peuple juif dans le millénium,
en vertu de la mort et, par conséquent, de la résurrection de Christ. Il est appelé «troisième jour» au lieu de «lendemain»
comme les jours précédents, la résurrection du Seigneur y étant impliquée. Le terme de «troisième jour»
désigne souvent ce jour si important (voir versets 19 ; Marc 9:31 ; Luc 9:22 ; 24:21).
Après cette scène, le Seigneur descendit à Capernaüm avec sa mère, ses frères, ses disciples,
figure du peuple réuni autour de lui après la manifestation de sa gloire.