QUE PENSER DES LIVRES APOCRYPHES ?

 

 Ces livres sont aussi parfois appelés livres " Deutérocanoniques "

 

1/ Catalogue des apocryphes

2/ L’Eglise n’a jamais reçu les apocryphes dans le canon.

3/ Les chrétiens de l’Eglise primitive n’ont pas reçu les apocryphes comme inspirés.

4/ Les Pères de l’Eglise ont aussi repoussé la canonicité des apocryphes.

5/ Les apocryphes ne sont point inspirés.

  

 

Une Bible authentique, composée de l'Ancien et du Nouveau Testaments, ne comporte que 66 Livres et non 70 ou 72 ou tout autre nombre. A titre de justification immédiate, le livre d'Isaïe comprend 66 chapitres qui correspondent et sont en résonance avec chacun des 66 livres Bibliques. Le premier chapitre correspond donc au livre de la Genèse et le dernier à l'Apocalypse. Le document qui suit propose une approche critique de ces livres apocryphes appelés aussi " Deutérocanoniques ".

On entend par apocryphes, c’est-à-dire cachés, douteux, certains livres de l’ancien Testament, et qui cependant ne font pas partie du Volume inspiré.

Certains les appellent Deutérocanoniques ou 2e canon.

Quoique compris sous un même nom, ces livres n’ont presque rien de commun entre eux. Les uns sont des écrits moraux ou didactiques, comme l’Ecclésiaste ou la Sapience.

D’autres sont des écrits historiques, comme le premier livre d’Esdras et les Maccabées.

D’autres sont des écrits fabuleux destinés à instruire et à intéresser, comme Tobie et Judith.

D’autres encore sont des écrits supposés, mis faussement sous les noms connus d’écrivains sacrés et des prophètes. Par exemple Baruch, le deuxième livre d’Esdras.

Ou bien de simples additions faites à des livres canoniques, longtemps après leur rédaction. Ainsi Susanne, Bel et le Dragon, le cantique des trois jeunes Hébreux, ajoutés à Daniel ; des fragments d’Ester ajoutés au livre de ce nom ; la prière de Manassé ajouté aux chroniques, etc.

Ces livres diffèrent non seulement par le sujet et par la forme, mais encore par le pays d’où ils proviennent ; pour les uns, c’est la Palestine ; pour d’autres, l’Egypte ; et pour la langue originale, qui est ici le grec, là l’hébreu, ailleurs le chaldéen.

 

1/ Catalogue des apocryphes

Nous pouvons diviser les livres apocryphes de l’ancien Testament en deux classes :

1°/ livres historiques, à savoir : deux livres d’Esdras, deux livres ces Maccabées, Judith, les additions au livre d’Esther, et les divers suppléments au livre de Daniel.

2°/ livres didactiques ou moraux, à savoir : Tobie, la Sapience, l’Ecclésiastique, Baruch et la prière du roi Manassé. Nous marquerons d’un astérisque (*) tous ceux qui sont reçus comme canoniques par l’Eglise Romaine

  1. Le premier livre d’Esdras, communément appelé le troisième d’Esdras (1). Il n’est regardé canonique que pour l’Eglise grecque.
  2. Le second livre d’Esdras, communément appelé le quatrième d’Esdras. Il est repoussé du canon par toutes les Eglises.
  3. (*) Le livre de Tobit ou Tobie (2).
  4. (*) Le livre de Judith.
  5. (*) Les additions au livre d’Esther.
  6. (*) Le livre de la Sapience ou de la Sagesse, dit de Salomon.
  7. (*) L’Ecclésiastique, nommé autrement la Sapience de Jésus, fils de Sirach, d’où son nom aussi Siracide.
  8. (*) Le livre de Baruch.
  9. Le cantique des trois jeunes Hébreux dans la fournaise.
  10. (*) L’histoire de Susanne.
  11. L’histoire de l’idole Bel et du Dragon.
  12. La prière de Manassé, roi de Juda. Elle n’a été admise comme canonique que par l’Eglise grecque.
  13. (*) Enfin le premier et le deuxième livres des Maccabées. Il y a quatre livres qui portent ce nom : les deux derniers sont reconnus comme apocryphes par toutes les Eglises.

2/ L’Eglise n’a jamais reçu les apocryphes dans le canon.

L’Eglise juive à qui les oracles de Dieu ont été confiés (Romains 3/2) n’a jamais reçu, dans le canon ou recueil des livres sacrés les apocryphes. Philon, qui connaît ces livres, leur emprunte quelquefois des phrases ou de belles expressions, mais il ne les cite jamais comme ayant une autorité divine ou canonique. Josèphe, dans sa réponse à Appion (livre I, chapitre 2), s'exprime de la manière suivante concernant les livres canoniques et les apocryphes : " Il ne peut, au reste, y avoir rien de plus certain que les écrits autorisés parmi nous, puisqu'ils ne sauraient être sujets à aucune contrariété, à cause qu’on n’approuve que ce que les prophètes ont écrit il y a plusieurs siècles selon la pure vérité, par l’inspiration et par le mouvement de l’Esprit de Dieu. On a donc garde de voir parmi nous un grand nombre de livres qui se contrarient. Nous n’en avons que vingt deux qui comprennent tout ce qui s’est passé qui nous regarde depuis le commencement du monde jusqu’à cette heure, et auxquels on est obligé d’ajouter foi. Cinq sont de Moïse : qui rapportent ce qui est arrivé jusqu’à sa mort durant près de trois mille ans et la suite des descendants d’Adam. Les prophètes qui ont succédé à cet admirable législateur ont écrit en treize autres livres, tout ce qui s’est passé depuis sa mort jusqu’au règne d'Artaxerxés, fils de Xerxès, roi de Perse ; et les quatre autres livres contiennent des hymnes et des cantiques faits à la louange de Dieu, et des préceptes pour le règlement de nos mœurs. On a aussi écrit tout ce qui s’est passé depuis Artaxerxés jusqu’à notre temps ; mais à cause qu’il n’y a pas eu comme auparavant une suite de prophètes, on y ajoute pas la même foi qu’aux livres dont je viens de parler . "

Josèphe réduit à vingt deux le nombre des livres tenus par les Juifs comme divins, et repousse les autres livres, écrits depuis Artaxerxés, comme n’ayant qu’une autorité humaine.

Or, aucun des livres tenus comme apocryphes ne faisait partie des vingt deux mentionnés comme divins par Josèphe ; d’où il suit qu’ils ne peuvent tomber que dans la catégorie de ces ouvrages auxquels les Juifs n’ajoutaient pas la même foi, parce qu’ils n’avaient été écrits par des hommes inspirés.

3/ Les chrétiens de l’Eglise primitive n’ont pas reçu les apocryphes comme inspirés.

Les chrétiens n’ont pas à déterminer le canon de l’Ancien Testament, mais simplement à le recevoir des Juifs, puisque c’est à ces derniers que les oracles de l’Ancien Testament ont été confiés : ils ne peuvent donc tenir les apocryphes pou inspirés, puisque les Juifs ne les ont jamais reçus comme tels ; mais à cette raison décisive nous pouvons en ajouter d'autres :

- 1° Parce que ni Jésus ni les apôtres, qui en appellent souvent aux livres de l’Ancien Testament, ou à des passages de ces livres, dans les six cents citations environ qu’ils font des livres canoniques, n’ont jamais cité aucun des apocryphes.

- 2° parce que les chrétiens des quatre premiers siècles ne les ont pas considérés comme divins, bien qu’ils les lussent dans leurs assemblées comme livres d’édification, si ce n’est en entier, du moins en partie. Il est vrai qu’ils les ont cités en diverses occasions, mais non sans déclarer souvent qu’ils ne leur attribuaient qu’une autorité humaine, et non l’autorité divine d’écrits inspirés ; car ils ne les admettaient au nombre des écrits canoniques.

- 3° parce qu’ils ont été écrits après la cessation de l’esprit prophétique (Mal. 4 v 4-6), et que d’ailleurs leurs auteurs eux-mêmes se présentent à nous comme des écrivains ordinaires (1 Macc. 4 v 46 ; 9v 27 ; 2 Macc. 2 v 20-33 ; 15 v 39).

- 4° parce qu’ils enseignent des doctrines d’origine assyrienne ou Babylonienne, ou des doctrines qui, sans avoir la même origine, sont opposées à celles des livres inspirés, telle que l’efficacité des prières pour les morts (2 Macc. 12 v 43-46) ; la transmigration des âmes (Sp. 8 v19, 21) ; la justification par les œuvres de la loi (2 Esdr. 8 v 33. Tob. 12 v 8-9 ; Ecclés. 3 v 4, 30 ; 35 v 2) ; la perfection sans péché (ecclés. 13 v 26). Ils contiennent aussi des fables (Esther 1 v 6-10), des faits contraires à la droite raison (2 Macc. 1 v 19-22 ; 2 v 4) ; et des contradictions historiques. Ils recommandent enfin des pratiques immorales, telles que le mensonge, le suicide, le meurtre, les invocations magiques, etc. comme nous le démontrerons plus loin.

4/ Les Pères de l’Eglise ont aussi repoussé la canonicité des apocryphes.

Les Pères des premiers siècles, unanimes dans leurs témoignages, et d’anciens docteurs de l’Eglise de Rome répètent que les apocryphes ne sont pas les oracles de Dieu.

Méliton, évêque de Sardes, qui avait visité toutes les Eglises de l'Orient. dit que pas une d'elles ne recevait les livres apocryphes. Eusèbe, Origène, Hilaire de Poitiers, Athanase, Cyrille de Jérusalem. Épiphane, Grégoire de Nazianze, Rufin, Augustin (3), Jérôme, et beaucoup d'autres évêques et docteurs, les répudient d'un commun accord, et déclarent que, comme ils n'étaient pas les oracles de Dieu, ils ne furent pas mis dans l'arche de l'alliance.

St Jérôme surtout. homme d'étude et de savoir, un des Pères qui ont le plus travaillé sur la Bible et qui, au quatrième siècle, voyagea dans la Palestine pour apprendre l'hébreu, dit expressément: " nous n'avons pas connu l'économie de notre salut par d'autres que par ceux qui d'abord prêchèrent l'Evangile, qu'ensuite ils mirent par écrit, pour qu'il fût la colonne et le fondement de notre foi." Puis il nomme tous les livres de cette économie. tant de l'Ancien que du Nouveau Testament et ne fait aucune mention des livres apocryphes, si ce n'est pour dire que, s'il a traduit ces fables, ce n'est que pour se prêter aux préjugés du peuple, mais qu'il les a marqués d'un style (ou stylet), " afin, en quelque sorte, de les égorger. ".

nous citerons ici les déclarations remarquables de St Jérôme au su jet de chacun des livres que nous nommons apocryphes.

Ainsi, au sujet du livre de Tobie, il dit :" Je ne puis assez m'étonner des instances avec lesquelles vous me persécutez pour que je traduise le livre de Tobie, que les Hébreux ont retranché du catalogue des divines Écritures et mis au nombre de ceux qu'ils appellent apocryphes ".

Au sujet du livre de Judith : " Les Hébreux mettent Judith parmi les apocryphes ; j'ai cédé à votre demande, au plutôt à votre persécution, traduisant toutefois plutôt d'après le sens que mot à mot "

C'était une manière de dire : " Ce livre ne valait pas la peine que j'y regardasse de plus près. " Quant à la Sapience et à l'Ecclésiastique, il dit: " Arrivé au livre qu'on appelle communément la Sapience de Salomon. et à l'Ecclésiastique que personne n'ignore être de Jésus, fils de Sirach, j'ai arrêté ma plume, désirant ne corriger pour vous que les Ecritures canoniques, savoir l'ancienne traduction latine qui en avait été faite. J'ai trouvé, ajoute-t-il, le premier pseudépigraphe en hébreu, mais avec le titre de Paraboles, au lieu de celui de l'Ecclésiastique. Quant au second il n'existe point chez les Juifs, et le style même sent l'éloquence grecque, en sorte que plusieurs auteurs anciens affirment qu'il est du juif Philon. Ainsi, de même que l'Église lit les livres de Judith, Tobie et les Maccabées, mais ne les reçoit pas au nombre des Ecritures canoniques, de même elle peut lire ces deux volumes, mais non pour appuyer sur eux l'autorité des dogmes ecclésiastiques. "

On pourrait trouver beaucoup de citations semblables dans les écrits d'autres Pères de l'Église et auteurs ecclésiastiques ; car un auteur allemand n'a pas rempli moins de quatre pages de la simple énumération des noms de ceux d'entre eux auxquels on peut en appeler (4).

nous nous bornerons mentionner le témoignage des autorités suivantes :

Le concile de Laodicée ne les admet pas non plus ; et je remarque qu'il devient la voix de l'Eglise entière (5). En Afrique, Augustin nous dit qu'ils ne sont lus que comme livres inférieurs et sans autorité. Au septième siècle, Jean Damascène (si favorable d’ailleurs, à d'autres opinions de l'Eglise latine), ne compte que vingt deux livres de l'Ancien Testament, et comme Epiphane il remarque que les apocryphes ne furent pas mis dans l'arche sainte. Et quant aux docteurs romains, deux cardinaux, Cajétan (1639) et Ximénès (1517), et avec eux tous les docteurs d'Alcala (6), Thomas d'Aquin (1274), Nicolas de Lyra (1660), Paginus (1527), et bien d'autres, les excluent des Bibles qu'ils impriment ou commentent, enfin, c'est un pape (604) qui " pense, dit-il, n'avoir pas mal agi en citant le livre des Maccabées, quoiqu'il ne soit pas canonique, mais écrit seulement pour l'édification de l'Église. " (7). Dès lors, l'Eglise, se corrompant de jour en jour davantage, en admit au fur et à mesure quelques-uns, jusqu'à ce qu'enfin le Concile de Trente, dans sa quatrième session (8 avril 1546), les reçut presque tous dans le code sacré (8).

5/ Les apocryphes ne sont point inspirés.

Les apocryphes ne pouvant être inspirés, puisqu'ils renferment des erreurs graves de fait, de doctrine et de morale et sont souvent en contradiction avec la Parole de Dieu, nous allons prouver la non-inspiration des livres apocryphes.

1. Le premier livre d'Esdras n'est qu’une traduction postérieure de l'Esdras canonique, avec de grands changements d’ordre et des additions empruntées aux Chroniques (2 Chron. 35, 36) à Néhémie (Néh.7, 8 12) puis à des sources moins pures. Ce livre est en général d'accord avec l'historien Josèphe. Il n’a aucun mérite sous le rapport historique.

2. Le second livre d'Esdras est un ouvrage menteur et mal combiné d'un chrétien du troisième siècle. Il n'existe plus qu'en latin. C'est une série de fausses prophéties destinées à ranimer le courage des Églises persécutées. On y trouve l’imitation perpétuelle d'Ézéchiel, de Daniel et d'Ésaïe, imitation quelquefois belle, souvent languissante et pauvre.

 

 Tobit et l'ange

Elsheimer (1578-1610), National Gallery, London

3. On ne sait en quelle langue le livre de Tobie a été originairement écrit. On en possède aujourd'hui cinq recensions. La Chaldaïque, sur laquelle Jérôme a traduit, diffère considérablement de la Grecque. Les autres recensions ne diffèrent pas moins entre elles.

Ce fait ne se reproduit pour aucun des livres canoniques ; en outre cet ouvrage renferme de nombreuses erreurs géographiques, chronologiques et historiques ; il favorise la superstition et la propre justice et justifie le mensonge. Nous ferons, en nous en tenant au texte de la Vulgate, quelques citations, qui montreront que ces assertions sont fondées. Il nous est dit que Tobit fut emmené captif dans les jours de Salmanasar, roi des Assyriens, c’est à dire vers l’an 720 avant l’ère chrétienne (1, 2). Supposons qu’il fut âgé de cinq ans ; nous trouverions qu'il ne mourut qu’après avoir atteint un âge d'au moins cent trente-sept ans, puisqu’il survécut à la ruine du temple, survenue cent trente deux ans après la captivité d'Assyrie sous Salmanasar (14, 7). Or, l'auteur, qui sans doute n'avait pas été attentif à ces détails chronologiques, fait mourir Tobit lorsqu’il n’avait encore que cent douze ans (9). on pourrait présenter des remarques, analogues sur l'âge de Tobie.

Nous trouvons dans ce livre un personnage qui, vers la fin de l’histoire : " je suis l'ange Raphaël, l'un des sept qui assistent devant le Seigneur  " (12, 15), mais qui, au commencement, tient un tout autre langage, et se donne pour un Juif de la tribu de Nephtali (5, 5 - 7, 15 - 19).

L'ange et Tobie disent tous deux : " nous sommes de la tribu de Nephtali de la captivité de Ninive  " (7, 3). Cet ange ne semble guère être un ange de lumière, mais bien plutôt un fils de celui que notre Seigneur appelait menteur et père du mensonge, (Jean chapitre 8 verset 44) !

ce soi-disant ange de la face ment encore quand il dit : " L'aumône délivre de la mort, et c'est elle qui lave les péchés et fait trouver la miséricorde et la vie éternelle. Mais ceux qui commettent le péché et l'iniquité sont les ennemis de leur âme " (12, 9) (10 ). Car, si cette doctrine était vraie, il serait vrai aussi qu'il y a deux moyens de se sauver : l'un par les aumônes, l'autre par le sang de Jésus-Christ ; ce qui est contraire à tout l'enseignement des Ecritures.

 

   Judith

Italian artist Paolo Veronese (1528-88)

4- Le livre de Judith fourmille aussi de difficultés chronologiques, géographiques et historiques ; en outre, la morale en est anti-évangélique car l'héroïne du livre, qui, du commencement à la fin, est donnée en exemple, n'est qu'une trompeuse qui voudrait nous faire croire que Dieu était d'accord avec elle pour bénir sa fausseté (9, 10, 13). Elle se glorifie aussi de ce qu'elle a su tromper Holopherne, et elle attribue au Seigneur une part de son péché (13, 19, 20). Le Psalmiste inspiré par l'Esprit de Dieu, nous enseigne d'une manière bien différente : " Garde ta langue du mal, et tes lèvres de parler avec tromperie " (Ps. 34 v 14).

Les paroles de Judith ne sont pas moins en opposition avec les déclarations du Saint Livre. Elle dit que c’est Dieu lui-même qui mit entre les mains de Siméon l’épée avec laquelle il répandit le sang des Sichémites (9, 2) ; or, nous voyons que Jacob, inspiré par, l'Esprit dé Dieu, maudit l'acte de Siméon, et appelle l'épée, dont son fils se servit, un instrument de violence (Gen. 49 v 5 - 7). et Judith ose dire Seigneur Dieu de mon père …Ils ont été enflammés de ton zèle (9, 3 4) !

L’auteur du livre de Judith est inconnu, ; il écrivit probablement au temps du roi de Syrie, successeurs d’Alexandre. On ne peut décider si ce fut en grec ou en chaldéen.

5- Les additions au livre d’Esther ne se trouvent pas dans l'original (l’hébreu) ; elles sont intercalées par une main bien maladroite, dans la traduction grecque des Septante, d'où elles ont passé dans la vulgate (10. 4-16.24). (Pour les références, se reporter à la division du Cardinal Liénart). ces fragments devraient être repoussés lors même qu’ils n’auraient rien de contraire aux Ecritures ; car si l'auteur du livre d’Esther a été inspiré, il a dû savoir que tout ce qu'il convenait de dire et de mettre dans le livre qu’il a écrit ; ce livre n’a donc pas besoin de supplément. Mais i1 est à remarquer que les prétendues additions ne sont pas autre chose qu'une mauvaise composition dans laquelle on n’a pas même su éviter les plus flagrantes contradictions avec le texte sacré (11). en effet, dans la Vulgate, Mardochée est, déjà au service d'Artaxerxés la deuxième année de son règne (11, 2) ; dans le texte hébreu, il n'obtient de place à la cour que sa septième année de ce règne (2. 16, 19). Dans l'hébreu, il est dit que Mardochée ne reçut aucune récompense pour avoir révélé le complot des deux eunuques (6, 3) ; dans la Vulgate, l'auteur prétend le contraire (12, 5). Dans l'hébreu, il est rapporté que le roi regarda Esther avec bonté (5.2) ; dans la Vulgate, qu'il la regarda avec colère (15, 10). Enfin, dans la Vulgate, Haman veut se venger de Mardochée parce que Mardochée a révélé la conspiration des deux eunuques Bigthan et Térès (12. 6) ; dans l'hébreu, c'était parce que Mardochée refusait de se prosterner devant lui (3. 5).

Il y a bien d'autres erreurs ; par exemple, dans la Vulgate, il est dit : Or, Mardochée était du nombre des captifs que Nabuchadanosor, roi de Babylone, avait transférés de Jérusalem, avec Jéchonias, roi de Juda (11, 4). en conséquence, au temps du roi Artaxerxés, il devait être âgé d'au moins cent quarante ans, et Esther d'au moins cent ans lorsqu'elle fut sélectionnée comme la plus belle jeune fille du royaume, puisqu'elle était cousine germaine de Mardochée ...

6- La Sapience de Salomon n'est pas de ce roi, quoiqu'elle le prétende dans son titre et ailleurs (8/8 - 21 ; 9. 4). C'est un livre écrit par quelque Juif alexandrin. La sagesse qui s'y fait entendre n'est pas autre que celle de la philosophie alexandrine. Elle est prétentieuse, tandis que celle des Proverbes est humble (Proverbes 30 verset 2). Écoutons, par exemple. Le prétendu Salomon qui parle : " Dieu m'a fait la grâce de pouvoir dire ce que je veux, de faire des discours selon les choses, tant secrètes que manifestes ; car l'ouvrier de toutes choses m'a enseigné par la sagesse ". (7. 17 - 21).

Conformément à la philosophie Platonicienne, en vogue à Alexandrie, qui croyait que l'âme préexiste au corps, et qu'elle y entre avec de bons ou de mauvais antécédents, l'auteur dit : " Or, j'étais un enfant bien né, et une bonne âme m'était échue ; ou plutôt étant bon, je suis entré dans un corps sans souillure " (8, 19-20).

7- l'Ecclésiastique est le titre insignifiant d’un livre mieux connu en grec : la Sagesse de Jésus, fils de Sirach, d’où aussi son nom : Siracide ; ouvrage composé en hébreu 175.ans avant l’ère chrétienne, et traduit en grec par le petit-fils de l'auteur. Il est dicté par une sagesse mondaine qui ne contredit que trop souvent celle des Écritures authentiques. L'auteur déclare heureux le père qui laisse après lui un fils qui le vengera de ses ennemis (30. 6) ; tandis que la Parole nous dit que nous devons laisser à Dieu la vengeance (Deut. 32 v. 35; Ps. 94 v. 1, Rom. 12 y. 19).

Il enseigne encore à agir d'une manière dénuée d'affection et pleine d'égoïsme, dans le cas du décès de quelque ami (38/16-22). nous ne trouvons pas autre chose que cette sagesse qui dit : Mangeons et buvons, car demain nous mourrons (14. 11 - 17). enfin, il enseigne le panthéisme : L'abrégé de ces paroles est : Dieu est tout (43. 27).

8- Le livre de Baruch est un assemblage mal lié de deux écrits très distincts. D'abord, des prophéties mises sous le nom de, Baruch secrétaire de Jérémie et précédées d'une historique, puis une prétendue lettre de Jérémie aux captifs de Babylone. Ces deux parties écrites assez tard. Le livre de Baruch est pour sans importance. Il est plein d’inexactitudes et de contradictions. Ainsi, l’auteur représente Baruch à Babylone, tandis que, d’après les écrits canoniques, Baruch s'est rendu avec Jérémie en, Egypte ; il prétend que son livre fut lu à Jérusalem, devant le roi Jéchonias (l. 3) ; mais, à cette époque, ce roi était prisonnier hors de son pays (2 Rois 25. 27), il ne revint qu'au temps, d'Evilmérodac.

 

-  Susanne accusée d'adultère par Antoine Coypel -

- Prado - Madrid -

 

9- Les versions, grecques, et d'après elles la Vulgate, et les traductions modernes faites sur la Vulgate, renferment dans le livre des prophéties de Daniel quelques fragments qui se rattachent à la vie de ce prophète. Ce sont :

1° le cantique des trois jeunes Hébreux dans la fournaise (Vulgate, 3.24-90) ;

2° l'histoire de Susanne (Vulgate, 13) ;

3° l'histoire de l'idole Bel et du Dragon. Celle-ci forme dans la Vulgate le quatorzième chapitre de Daniel.

Ces additions ne méritent pas plus de confiance que celles du livre d'Esther. D'après le texte hébreu, Daniel est jeté dans la fosse aux lions, parce qu'il a agi contrairement aux ordres du roi (6. 11 - 16) ; d'après les additions, parce qu'il a détruit Bel et le Dragon, et mis à mort des prêtres des idoles (Vulgate. 14. 27 - 29). D'après le texte hébreu, il fut une nuit dans la fosse (6. 18 - 23) ; d'après les additions, sept jours (Vulgate, 14. 39).

10- La prière de Manassé, pénitent ajoutée aux Chroniques (2 Chroniques 33 v. 13, 18) dans quelques manuscrits grecs, semble être l'ouvrage d'un pharisien. Il n'en a été fait mention que dans le quatrième siècle de l'ère chrétienne.

11- Jadis on a regardé comme canoniques tantôt un, tantôt deux ou trois. Ou même quatre livres des Maccabées. Le quatrième est perdu. Les trois autres sont de mérites très divers, et d'auteurs bien différents.

1° Le premier est une histoire des persécutions souffertes par les Juifs, de l'an 175 avant Jésus-Christ à l'an 135. Cette histoire a été écrite après l'événement en hébreu, par un Juif connaissant très bien son pays, et très mal les nations étrangères. Il a quelque valeur historique.

2° Le second raconte les mêmes événements et, de plus, la profanation du temple par, Séleucus Philopator. C'est, du moins en grande partie, l'ouvrage d'un auteur inconnu, sûrement postérieur à Jésus-Christ. Cet écrivain trahit une extrême ignorance de l'histoire profanera. Il contredit le premier livre des Maccabées ; il contredit également des lettres officielles, peut-être authentiques, placées en tête de son ouvrage, mais probablement par main étrangère. Il a beaucoup moins de valeur historique que le premier livre.

 

Ces livres abondent tous deux en inexactitudes et en contradictions, aussi bien que les autres apocryphes. On fait régner, Darius sur la Grèce (1 Macc. 1. 1, texte grec), ce qui est contraire à l'histoire, Alexandre partage de son vivant son royaume à généraux (1 Macc. .1. 6), ce qui est aussi contraire à l'histoire. On prétend à tort qu'Antiochus fut fait prisonnier par les Romains (Macc. 8. 7 - 8). Il y a un ramassis d'assertions fausses (1 Macc. 8. 1- 16). D'autres portions sont tout à fait fausses (1 Macc. 10. 1 ; 12. 7). Enfin, ces livres se contredisent entre eux, comme on peut le voir en comparant divers passages (1 Macc. 6. 17. avec 2 10. 11 ; 1 Macc. 7, avec 2 Macc. 14. 15 ; 1 Macc. 6..8 — 13, avec 2 Macc.10. 11 ; 1 Macc. 7, avec 2 Macc. 14. 15 ; 1 Macc. 6. 8 — 13, avec 2 Macc. 1. 13 et suivants)., Ils font mourir le même roi de trois manières différentes (1 Macc. 6. 16 ; 2 Macc. 1. 16 ; 9. 28). Le suicide est loué (2 Macc. 14. 37 — 46), en opposition à la Parole de Dieu, qui dit : " Tu ne tueras point ". (Exode 20. 13)

3° Le troisième rapporte des événements antérieurs aux précédents, à savoir, l'entreprise de Ptolémée Philator contre le temple de Jérusalem et contre les Juifs d’Alexandrie. L’auteur ne peut être qu'un Juif égyptien au style mystique et emphatique. Ce livre, plus fabuleux qu'historique n’a été connu qu’assez tard de l'Église grecque, et n’a jamais été reçu par l’Eglise latine.

4° Le quatrième racontait les exploits de Jean Hyrcan, 135-107 ans avant Jésus-Christ.

Si l'on voulait placer ces quatre livres selon l’ordre chronologique des événements, ils se suivraient ainsi : 1) le troisième livre ; 2) le second livre ; 3) le premier livre, et enfin, 4) le quatrième livre ; mais il n'existe entre eux aucune liaison ni aucune suite.

Les fausses doctrines et les contradictions contenues dans les apocryphes prouvent à l'évidence que ces livres ne peuvent être le langage de l'Esprit de vérité, de sagesse et de sainteté : savoir, la Parole même de Dieu !

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(1) Le livre canonique de Néhémie a été nommé quelquefois deuxième livre d'Esdras. C'est pourquoi les deux ouvrages apocryphes que nous mentionnons sont ordinairement appelés troisième et quatrième livre d'Esdras.

(2) Nous préférons dire livre de Tobit, en gardant le nom de Tobit pour le père, et celui de Tobie pour le fils.

(3) Ce fut Augustin qui, aux conciles d'Hippone et de Carthage, fit recevoir les livres apocryphes dans le canon de la Bible, mais avec cette clause qu'on prendrait préalablement l'avis d'autres Eglises. De plus, on ne les mettait pas sur le même rang que les canoniques : on décidait seulement qu'ils pourraient être lus et cités.

(4) Ph. Friedr. Keerl, Die Apocryhen des alten Testaments. Leipzig, 1852, pages 140-144.

(5) Tenu en 364.il fut approuvé par le concile universel de Constantinople, en 68l.

(6) Alcala, célèbre université en Espagne, fondée par le cardinal Ximénés, en 1499, qui y fit imprimer la fameuse Bible polyglotte.

(7) Grégoire 1. Moral in Job., I, 19, C, 13. Poole, A. Dial., page 60.

(8) Le Concile de Trente tut le dix-huitième et dernier concile œcuménique ou général. Il se tint de 1545 à 1563 et a formulé la doctrine et la discipline de l’Eglise de Rome telles qu’elles sont constituées aujourd'hui. Dans ce célèbre concile se trouvèrent six cardinaux, trente-deux archevêques deux cent vingt huit évêques sans parler de beaucoup d'autres membres du clergé romain.

(9) Voici un exemple des nombreuses différences qui existent entre le texte grec et latin (Vulgate) du livre de Tobit. Le texte grec dit que Tobit perdit la vue à l'âge de cinquante-deux ans, la recouvra à soixante (14. 2) et mourut, à cent cinquante huit ans (14, 13) ; le texte latin nous dit au contraire que Tobit perdit la vue à cinquante-six ans, la recouvra à soixante (14, 3), et mourut à cent douze ans (14, 2).

(10) TOBIT tient tout à fait le même langage (IV, 11, 12).

(11) JÉROME lui-même, dans sa Préface au livre d'Esther, compare ces additions au développement d'un thème que fait à plaisir un écolier.

les livres Apocryphes se trouvent tous dans l'Ancien Testament. Ils consistent en 15 morceaux de littérature juive, écrits autour de 200 avant Jésus-Christ. Ils sont inclus dans la traduction grecque des Ecritures juives, connue sous le nom de "Bible des Septante". Voici le titre de ces livres Apocryphes: Maccabées 1 et 2, Tobie, Judith, l'Ecclésiastique ou Siracide, le livre de la Sagesse, Baruch, les additions aux livres d'Esther et de Daniel, la prière de Manassé, Esdras 1 et 2. Ces trois derniers livres ne sont pas considérés comme inspirés par l'Eglise Catholique.

Aucun de ces livres ne prétend être inspiré. Au contraire, l'auteur de l'Ecclésiastique demande pardon à ses lecteurs pour toutes ses inexactitudes, et l'auteur des Maccabées conclut par ces mots: "Si ce livre est bien écrit et exact, c'est ce que je voulais ; s'il est mal rédigé et médiocre, c'est le meilleur que j'ai pu rédiger". Ce n'est pas le langage de l'inspiration divine !

Ce qui est plus sérieux, c'est que les Apocryphes enseignent des doctrines qui contredisent les Ecritures. Par exemple, Ecclésiastique 3:3, 30 contredit Galates 2:16, 21 ; 3:10-14. Tobie 12:9 contredit 1 Jean 1:7 et Hébreux 9:22 ; Sagesse 8:19-20 contredit Romains 3:10. Ils encouragent aussi des pratiques qui ne sont pas conformes aux Ecritures: Ecclésiastique 12:4-7 ne s'accorde pas avec Luc 6:27-38 et Matthieu 5:43-48.

Il faut savoir que ces livres Apocryphes n'étaient pas considérés comme canoniques par les Juifs. Ils sont aussi écrits en grec, et ne font pas partie du Texte Massorétique, qui reprend les textes hébreux inspirés des Ecritures Juives. Josèphe, historien Juif, considère comme acquis le fait que les Juifs admettaient comme inspirés les seuls écrits qui ont été repris par la suite dans la Bible Protestante. A ce jour, les Juifs conservent toujours le même canon de l'Ancien Testament que celui de la Bible Protestante. Le fait que les Juifs aient rejeté les livres Apocryphes est très significatif, car c'est à eux qu'ont été confiés les oracles de Dieu:

"Quel est donc l'avantage des Juifs, ou quelle est l'utilité de la circoncision ? Il est grand de toute manière, et tout d'abord en ce que les oracles de Dieu leur ont été confiés" (Romains 3:1-2).

Le Nouveau Testament contient environ 260 citations directes, et 370 allusions aux livres inspirés de l'Ancien Testament. Lorsque Jésus ou les apôtres citaient ou évoquaient les livres de l'Ancien Testament, il est clair qu'ils les considéraient comme inspirés et canoniques. Par exemple, dans Jean 10:34-35, le Seigneur Jésus cite le Psaume 82:6. Il ajoute aussitôt que l'Ecriture ne peut pas être anéantie. Quand l'apôtre Paul dit "Il est écrit", en faisant référence à l'Ancien Testament, c'est qu'il fonde son enseignement sur une assise solide. Le Nouveau Testament atteste donc l'autorité divine de l'Ancien Testament. Il est significatif qu'il ne comprenne aucune citation des livres Apocryphes qui impliquerait l'inspiration divine de ces écrits.

Nous devons ajouter que les auteurs du Nouveau Testament citent parfois des écrits qui ne font pas partie des Saintes Ecritures. Par exemple, l'apôtre Paul cite des poètes et écrivains païens (1 Cor. 15:33 et Actes 17:28) ; Jude cite des extraits des livres apocryphes Juifs d'Enoch et de l'Assomption de Moïse. Il peut y avoir d'autres allusions à certains livres apocryphes, comme Hébreux 11:35, qui peut faire allusion à 2 Maccabées 7:1-29 ou aux écrits de l'historien Josèphe. Manifestement, un auteur biblique peut citer un extrait d'un livre, parce qu'il considère cet extrait comme vrai, sans que cela implique l'inspiration divine de tout ce livre. Personne ne soutiendrait que les poètes grecs cités par Paul sont des auteurs inspirés, ni que l'Assomption de Moïse pourrait faire partie des livres canoniques. Il en est de même pour toutes les références faites aux livres Apocryphes.

Comment se fait-il donc que les livres Apocryphes se retrouvent dans la Bible Catholique ? Au début du deuxième siècle après Jésus-Christ, les premières traductions en latin de la Bible furent réalisées à partir de la Bible des Septante, qui comprenait les Apocryphes. Saint Augustin et Saint Jérôme, ces deux grands Pères de l'Eglise, étaient en conflit à propos des Apocryphes. Saint Augustin acceptait les Apocryphes, parce qu'il utilisait la Bible des Septante. Cette Bible était très répandue en Afrique du Nord. Jérôme était l'un des rares Pères de l'Eglise qui connaissait à la fois l'Hébreu et le Grec. Il rejetait les Apocryphes, parce qu'il savait que ces écrits n'étaient pas acceptés par les Juifs, et ne faisaient pas partie du canon reconnu en Palestine.

Les Conciles de Hippo et de Carthage, au quatrième siècle, ont été fortement influencés par Saint Augustin. Ils ont inclus les Apocryphes dans le canon de l'Ancien Testament. Toutefois, nous devons ajouter que, contrairement à ce que veulent faire entendre les apologistes Catholiques, les Apocryphes ne furent pas officiellement reconnus comme canoniques par l'Eglise Catholique lors des Conciles de Hippo et de Carthage. L'Eglise Catholique Romaine a rejeté Esdras 1 et 2, qui avaient pourtant été acceptés par les Conciles antérieurs. Dans leur liste actuelle, les Apocryphes n'ont été ajoutés à l'Ancien Testament par l'Eglise Catholique qu'au Concile de Trente, au 16e siècle.

Jusqu'à l'époque de la Réforme, les Apocryphes, bien que considérés comme canoniques par l'Eglise Catholique, n'étaient toutefois pas placés sur le même plan que les autres écrits de l'Ancien Testament. Saint Jérôme faisait la distinction entre les "livres canoniques" et les "livres ecclésiastiques". Il considérait ces derniers comme de bonnes lectures spirituelles, mais sans leur accorder le statut d'Ecritures inspirées. Le Pape Grégoire le Grand a dit à propos des Apocryphes: "Bien qu'ils ne soient pas canoniques, ils ont été rédigés pour l'édification de l'Eglise". Le Cardinal Cajetan, personnalité importante de l'Eglise Catholique à l'époque de la Réforme, au 16e siècle, a clairement affirmé que les Apocryphes n'étaient pas canoniques, et ne pouvaient pas être utilisés pour confirmer des positions de foi.

Il ne nous semble donc pas sensé d'ajouter des Apocryphes aux livres de l'Ancien Testament, des siècles après que l'Ancienne Alliance avec les Juifs a été remplacée par la Nouvelle Alliance. L'Eglise du Nouveau Testament ne devrait absolument pas ajouter quoi que ce soit au canon de l'Ancien Testament, tel qu'il a été reçu par les Juifs. Suivant l'exemple du Seigneur Jésus, de Ses apôtres et des auteurs du Nouveau Testament, nous citons souvent des passages de l'Ancien Testament pour édifier notre foi. Comme eux, nous ne faisons jamais référence aux Apocryphes à cet effet.

 


Rome cautionne officiellement les Apocryphes

Voici ce que déclare officiellement le Vatican : "C'est la Tradition apostolique qui a fait discerner à l'Eglise quels écrits devaient être comptés dans la liste des Livres Saints. Cette liste intégrale est appelée "Canon" des Ecritures. Elle comporte pour l'Ancien Testament 46 écrits (45 si on compte Jérémie et Lamentations ensemble) et 27 pour le Nouveau.

Genèse, Exode, Lévitique, Nombres, Deutéronome, Josué, Juges, Ruth, les deux livres de Samuel, les deux livres des Rois, les deux livres des Chroniques, Esdras et Néhémie, Tobie, Judith, Esther, les deux livres des Maccabées, Job, les Psaumes, les Proverbes, l'Ecclésiaste, le Cantique des Cantiques, la Sagesse, l'Ecclésiastique, Isaïe, Jérémie, les Lamentations, Baruch, Ezéchiel, Daniel, Osée, Joël, Amos, Abdias, Jonas, Michée, Nahum, Habacuc, Sophonie, Aggée, Zacharie, Malachie pour l'Ancien Testament" (2).

Cette liste montre donc que pour l'Ancien Testament, le Catholicisme accepte comme canoniques des livres qui n'étaient reconnus ni par le Christ Jésus, ni par les Juifs, ni par les Apôtres, ni par l'Eglise primitive. L'intrusion de ces Apocryphes dans la Parole divine, inspirée et infaillible, est lourde de conséquences. Ces additions représentent un quart du volume de l'Ancien Testament dans une Bible catholique. Leur présence pollue la Parole de Dieu tout entière. Or le don accordé par le Seigneur aux siens est semblable au Seigneur Lui-même : c'est une Parole pure de toute incertitude, pure de tout mensonge. "Tout don excellent et tout cadeau parfait viennent d'en haut, du Père des lumières, chez lequel il n'y a ni changement, ni ombre de variation" (Jacques 1:17). L'"Ecriture" de l'Eglise de Rome est polluée, et ce seul fait démontre à quel point Rome a complètement dévié des fondements de l'Eglise Apostolique.


Augustin et les Apocryphes

Sauf de la part d'Augustin (3) et de deux Conciles provinciaux tenus en Afrique du Nord (Hippone en 393, et Carthage en 397) il y a eu un rejet général des Apocryphes par l'Eglise primitive. Pourtant en 1546 le Concile de Trente a accepté et cautionné ces livres, les déclarant partie intégrante de la Sainte Parole de Dieu.


Pourquoi il est impossible d'accepter les Apocryphes

Quatre raisons principales empêchent d'accepter les Apocryphes comme faisant partie de l'Ecriture Sainte :

1 - Le Seigneur Jésus-Christ et les auteurs du Nouveau Testament n'ont jamais sanctionné aucun des Apocryphes par des expressions caractéristiques telles que "Il est écrit", ou "Ainsi parle le Seigneur". Fait particulièrement significatif, presque tous les livres canoniques de l'Ancien Testament sont ainsi authentifiés dans le Nouveau Testament (ainsi que par de nombreuses citations de l'Ancien Testament NdE). Mais ni le Seigneur, ni les auteurs du Nouveau Testament n'ont jamais affirmé que les Apocryphes faisaient partie des Ecritures.

2 - Dieu a confié l'Ancien Testament aux Juifs. "Tout d'abord les oracles de Dieu ont été confiés aux Juifs" (Romains 3:2). Les Juifs n'ont jamais reconnu d'autres livres que les écrits canoniques de l'Ancien Testament. La liste des livres de l'Ancien Testament reconnus en l'an 90 de notre ère par les érudits juifs du Concile de Jamnia est identique à celle qu'acceptait l'Eglise primitive, et à celle que reconnaissent les chrétiens actuels. L'historien juif Flavius Josèphe (30-100 après Jésus-Christ) écarte explicitement les Apocryphes.

3 - On remarque l'absence totale, dans les Apocryphes eux-mêmes, de toute revendication d'une inspiration divine. En fait, certains de ces livres déclarent qu'à cette époque le Seigneur ne parlait pas par la bouche de Ses prophètes : "Il sévit alors en Israël une oppression telle qu'il ne s'en était pas produit de pareille depuis le jour où on n'y avait plus vu de prophète" (1 Maccabées 9: 27).

4 - Les Apocryphes contiennent des erreurs, des fables, des superstitions, de la magie, des fraudes et des fausses doctrines, notamment la prière pour les morts. Toutes ces composantes contredisent la pure Parole de Dieu contenue dans les livres canoniques.
Par exemple, au chapitre 8 du livre de la Sagesse, le verset 19 déclare : "J'étais un enfant d'un heureux naturel, j'avais reçu en partage une âme bonne." Ce verset contredit Romains 3:23 : "Tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu."

On trouve un autre exemple d'erreur grave dans 2 Maccabées 12:45. Ce verset est cité dans le Catéchisme de l'Eglise Catholique pour justifier la communion avec les morts ainsi que la prière pour les morts. L'enseignement catholique officiel s'appuie sur ce mensonge de 2 Maccabées 12:45 et déclare : "La communion avec les défunts. 'Reconnaissant dès l'abord cette communion qui existe à l'intérieur de tout le corps mystique de Jésus-Christ, l'Eglise en ses membres qui cheminent sur terre a entouré de beaucoup de piété la mémoire des défunts dès les premiers temps du christianisme en offrant aussi pour eux ses suffrages ; car 'la pensée de prier pour les morts, afin qu'ils soient délivrés de leurs péchés, est une pensée sainte et pieuse' [2 M 12, 45]. Notre prière pour eux peut non seulement les aider mais aussi rendre efficace leur intercession en notre faveur" (4). La communion avec les morts est une pratique païenne que la Bible interdit : "Qu'on ne trouve chez toi personne... qui se livre à la divination, qui tire des présages, qui ait recours à des techniques occultes ou à la sorcellerie, qui jette des sorts, personne qui consulte ceux qui évoquent les esprits ou prédisent l'avenir, personne qui interroge les morts" (Deutéronome 18:10-11).

Ces écrits renferment aussi une autre affirmation fausse, à savoir que pour obtenir le salut, l'homme doit puiser dans ses ressources propres (Ecclésiastique 15:14). Cette erreur mortelle est reprise par des documents officiels de Rome postérieurs à Vatican II :
"Mais c'est toujours librement que l'homme se tourne vers le bien... car Dieu a voulu le laisser à son propre conseil (cf. Ecclésiastique 15:14) pour qu'il puisse de lui-même chercher son Créateur et, en adhérant librement à lui, s'achever ainsi dans une bienheureuse plénitude" (5).

Sans hésitation ni réserve, la Bible catholique dispense cet enseignement qui mène à la damnation. Il contredit catégoriquement la doctrine biblique qui nous enseigne qu'avant de recevoir le salut, nous sommes spirituellement morts. Ephésiens 2:1 décrit clairement l'état de l'inconverti : "Pour vous, vous étiez morts par vos fautes et par vos péchés". Colossiens 2:13 décrit aussi la condition morale de l'humanité : "Vous qui étiez morts par vos offenses..." A cause du péché d'Adam, l'être humain vient au monde en état de mort spirituelle. Romains 3:10-11 décrit sans ambiguïté son état : "...selon qu'il est écrit : il n'y a pas de juste, pas même un seul ; nul n'est intelligent, nul ne cherche Dieu." D'autres mensonges épouvantables figurent dans Tobie 12:9 : "L'aumône sauve de la mort, et elle purifie de tout péché. Ceux qui font l'aumône sont rassasiés de jours." Il y en a également dans Judith 10:11-13 et dans Baruch 3:4.

Du poison dans la source d'eau vive

La Parole écrite de Dieu est une source d'eau vive absolument pure. Il n'y a pas de place en elle pour les fables trompeuses, les mensonges, les fausses doctrines. En y ajoutant d'autres écrits entachés de fausses doctrines, l'Eglise catholique montre qu'elle ne tient pas la Parole de Dieu pour un absolu dont l'intégrité doit être scrupuleusement respectée ; en fait cette Eglise est attachée par-dessus tout à sa propre tradition. Ces écrits ajoutés à la Bible et officialisés par le Concile de Trente en 1546 constituent une falsification de l'histoire. Ils affaiblissent la cohérence interne des Saintes Ecritures.

En introduisant ces écrits apocryphes dans le canon catholique, la hiérarchie romaine a largement miné la confiance des lecteurs en l'œuvre du Saint-Esprit qui illumine Sa Parole divine. La présence de faussetés d'origines humaines incorporées à la Parole écrite de Dieu a pour effet d'annuler cette Parole.

Un chrétien authentique a le désir de se nourrir de la pure Parole de Dieu, afin de croître et d'être fortifié dans la connaissance de son Seigneur et Sauveur. L'Apôtre Pierre nous dit : "Désirez comme des enfants nouveaux-nés le lait pur de la Parole, afin que par lui vous croissiez pour le salut, si vous avez goûté que le Seigneur est bon" (1 Pierre 2:2-3). Ce lait de la Parole ne doit jamais être frelaté, contaminé par des mélanges faits de main d'homme. "La loi de l'Eternel est parfaite, elle restaure l'âme ; le témoignage de l'Eternel est véridique, il rend sage le simple. Les ordres de l'Eternel sont droits, ils réjouissent le cœur ; le commandement de l'Eternel est limpide, il éclaire les yeux" (Psaume 19:8-9). La Parole de l'Eternel est parfaite : d'un bout à l'autre, elle est à la hauteur du but dans lequel elle a été donnée. Par le Saint-Esprit, cette Parole nous montre notre état de péché et de misère sans Dieu, et la nécessité vitale pour chacun de nous de nous tourner vers Lui. Le témoignage du Seigneur est certain, et sa vérité est inviolable. Ceux qui l'accueillent avec humilité et simplicité sont rendus sages dès maintenant et pour l'éternité.



1. Catéchisme de l'Eglise Catholique, § 958. Centurion / Cerf / Fleurus-Mame / Librairie Editrice Vaticane, Paris, 1998. Toute autre citation du Catéchisme Catholique dans cet article est tirée du même ouvrage.

2. Catéchisme de l'Eglise Catholique, § 120.
On ne sait pas exactement jusqu'à quel point Augustin cautionnait les Apocryphes. Le fait de les avoir appelés "Deutérocanoniques" peut signifier qu'il en approuvait la lecture dans l'Eglise sans toutefois les considérer comme canoniques.

3. Catéchisme de l'Eglise Catholique, § 958.

4. Constitution Pastorale "Gaudium et Spes", Section 17
http ://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_cons_19651207_gaudium-et-spes_fr.html

5. Voir Introduction aux Livres des Maccabées, Bible de Jérusalem (Editions du Cerf, Paris, 1961) p. 540 : "Le livre est important par les affirmations qu'il contient sur la résurrection des morts ... les sanctions d'outre-tombe... la prière pour les défunts... le mérite des martyrs... l'intercession des saints... Ces enseignements, portant sur des points que les autres écrits de l'Ancien Testament laissaient incertains, justifient l'autorité que l'Eglise lui a reconnue".